Fin juin, début juillet est toujours synonyme de cyclo-sportive de l'année pour le team cyclo-sport de la Pédale de l'Est de Haguenau. Cette année, c'est la Serre-Che Luc Alphand qui a été choisie. Au programme de cette épreuve du 6 juillet 2008, 166 kms et 3200m de dénivelé positif (l'épreuve de 171 kms a été quelque peu raccourcie à cause de routes dangereuses suite aux récents orages).Le record du club est battu puisque 16 coureurs partent à cette cyclo-sportive qui rassemble 1300 coureurs. L'intérêt premier pour le team cyclo-sport est de tester ses capacités en haute montagne, de gravir les cols mythiques de l'Izoard et du Galibier, et bien sûr, de passer un week-end dans la bonne humeur.

    La découverte

    Nous avons donc pris la route le vendredi matin pour arriver près de Briançon le vendredi soir et commencer tout de suite notre régime sportif avec d'immenses plats de pâtes. Alain nous trouve toujours des gites très accueillants et très agréables.
    Le samedi, nous décidons de nous dégourdir les jambes sur le vélo et commencer à découvrir les Hautes-Alpes. Direction la magnifique vallée de la Clarée en passant tout d'abord devant la citadelle de Briançon dont les fortifications construites par Vauban furent récemment inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco. Le rythme est tranquille et chacun profite du paysage qui longe la Durance. Pour le retour, tout le monde n'a pas les mêmes attentes et chacun accommode son programme. Certains raccourcissent un peu le parcours et d'autres se débloquent en attaquant le bas du Lautaret à 37km/h. L'essentiel est que tout le monde se sente bien pour attaquer la longue journée qui nous attend le lendemain.
    Notre régime sportif se poursuit avec un "régime dissocié italien" … pizza. Et pour habituer notre esprit à côtoyer les sommets enneigés, quelques sommets de chantilly apparaissent sur les desserts. L'après-midi, nous récupérons les dossards et sommes agréablement surpris par le beau maillot souvenir offert à tous les participants. Ensuite, c'est repos au gîte devant l'impressionnante victoire de Valverde au Tour de France. Le soir après une dernière pasta party toujours dans la bonne humeur, les tactiques commencent à se mettre en place pour savoir comment gérer cette cyclo ou savoir qui va pouvoir accrocher une tête d'affiche à son tableau de chasse.

    Le jour J

    
Dimanche 6 juillet 5h45, ça y est le grand jour est arrivé. Derniers préparatifs, petit déjeuner et direction le départ de l'épreuve à 7km du gîte … parfait pour l'échauffement. Nous avons 2 représentants dans les 1ers dossards et le reste des troupes est bien placé dans les dossards non prioritaires. À 7h45, c'est sur les chapeaux de roue que les coureurs s'élancent dans une bonne partie de moulinette car la 1ère partie est principalement en faux plat descendant. Et malgré la légère montée au kilomètre 11, ce sont 44 kms qui sont parcourus la 1ère heure. Le club est bien représenté à l'avant du peloton puisque pas mal de coureurs ont fait l'effort pour remonter et c'est avec plaisir que nous côtoyons Luc Alphand et Claudio Chiappucci.     A Guillestre, le peloton explose dans les premiers rudes pourcentages. Les meilleurs filent dans la vallée qui mène au col de l'Izoard, Sébastien K. et Alain se trouvent juste dans un petit groupe à une centaine de mètres. Marc, Christophe, Jean-Paul et Thierry se trouvent dans un grand peloton qui tente de revenir sur la tête de course avant les premières rampes du col. Ensuite viennent ceux qui payent un peu ce départ très rapide en laissant filer le gros de la troupe comme Régis et Yannick. Mais pour ce dernier ce n'est que le temps de chercher le second souffle et finir en boulet de canon. Une inquiétude se transmet à l'ensemble du peloton puisque d'énormes nuages sombres sont en train de se rapprocher et les grondements ne font que précéder de quelques minutes les premières gouttes et les futures grosses averses.
    Arrivés dans le village d'Arvieux et ses 12% de pente, nous sommes véritablement dans l’Izoard. On s'aperçoit qu'il n'y a plus de peloton et que ce n'est qu'une longue procession de cyclistes qui grimpent en file indienne. Nous apprécions la vue et constatons que quelques éclaircies pointent le bout de leur nez au loin. La journée ne sera donc pas si terrible que ça … au point de vue météo en tous cas.
    Alain et Sébastien K. voient donc revenir Jean-Paul. Alain est un peu inquiet car ses 2 compagnons en ont sous la pédale mais l'aigle de Schweighouse ne se laisse pas démonter et suit le rythme jusqu'en haut de l'Izoard.
    Christophe n’a pas perdu de temps dans la montée et ne bascule pas loin derrière mais ne parviendra pas à rentrer dans la descente où la prudence était de mise sur route humide.
    Derrière tout le monde grimpe à son rythme, sourit au photographe et grimace pour la dernière partie du col après la légère descente de la case déserte. Ensuite, longue descente sur Briançon pour récupérer avant le début du Lautaret.

    Du courage pour finir

    Au kilomètre 110, une grosse partie des coureurs bifurquent vers l'arrivée pour en finir avec cette journée humide mais tous les valeureux membres du team cyclo-sport n'en n'ont que faire et continuent leur route vers le Galibier. C'est peut-être aussi les encouragements de Claire à ce niveau là qui les incitent à ne pas perdre courage.
    Seul ou en groupe, tout le monde prend son mal en patience pendant cette longue longue longue ascension du Lautaret. Chacun essaie de faire ses petits calculs en voyant les panneaux "col du Lautaret 19km" pour savoir à quelle heure il arrivera en haut du Galibier qui est encore 8 km plus loin. "Vais-je avoir le diplôme d'or ?", "Est que je peux encore grappiller quelques points au classement UC PEH ?". Sur une montée aussi longue, on a le temps de se poser plein de questions, de regarder les chutes d'eau le long des falaises et d'observer les marmottes en train d'encourager les cyclistes comme Lucien par exemple.
    L'originalité du parcours est que la descente du Galibier et du Lautaret, se fait par le même côté que la montée. Nous avons donc la chance de voir dévaler les premiers coureurs de la cyclo vers l'arrivée. Nos coureurs de pointe sont à ce moment là encore dans la montée du Galibier et c'est Jean-Paul qui lance les hostilités en attaquant au train Alain et Séb K … les grimpeurs sont devant. Il aime vraiment ces longues montées avec du pourcentage Jean-Paul et passe le sommet en tête du club. Derrière Séb et Alain ne sont pas trop inquiets car ils savent que Jean-Paul a un pédalier compact et que le 53 va lui faire défaut dans la descente.
    Ensuite passe Christophe qui ne s'est pas tout à fait remis de sa maladie d'il y a quelques semaines et ne parviendra pas à exprimer tout son potentiel dans sa région d'origine mais c'est déjà un très beau résultat.
    Suit Yannick qui a fait un retour énorme dans les 2 cols, depuis qu'il n'est plus descendeur, il faut qu’il aille grappiller du temps ailleurs. Les chercheurs devraient également s'inspirer de son métabolisme pour trouver l'énergie du futur car faire 166 km, 2 gros cols avec 2 pâtes de fruit et 1,5 bidon, c'est impressionnant.
    Thierry passe le col en 5e position du club, sa forme n'est pas à son apogée cette année mais dans un paysage qui n'est pas forcément le sien, il s'en tire très bien.
    Marc s'aperçoit que les "cricris" ne sont pas très répandus en Rhône-Alpes mais avec une préparation de routier-sprinter, il met encore pas mal de minutes à certains jeunots.
    Freddy et Michel ont fait une bonne première partie de montée du Galibier mais les forts pourcentages de la fin et les crampes dans les cuisses de Freddy sont fatales et ils voient revenir Régis dans le dernier kilomètre. Tous les 3 s'attendront en haut du sommet pour descendre ensemble. A la surprise générale, Michel s'est transformé en descendeur et des relais efficaces de la part des 3 permettront de finir rapidement.
    Pas très loin derrière au sommet du col est passé Mio qui sans une crevaison au début du Lautaret aurait encore fini un peu plus proche.
    Gui S. bascule quelques minutes plus tard mais ne parviendra pas à faire son retard dans la descente car il a un bon spécialiste de la discipline devant lui.
    Sébastien F., Gui W. et François sont proches les uns des autres dans la montée et forment également un trio pour faire la descente ensemble. Gui W. a certainement donné des leçons de descente à François puisque celui-ci avait des pulsations supérieures pendant la descente que lors de la montée de l'Izoard !!
    Puis vient Lucien qui tel un St Bernard ferme la marche pour être sûr que personne du club ne s'est perdu dans la montagne mais malheureusement n'est pas arrivé assez tôt pour éviter le dernier orage dans la descente du Lautaret.

    Bilan entièrement positif

    Mis à part le retour d'Alain et Séb K. sur Jean-Paul, toutes les positions sont restées figées dans la descente. Et nous assistons à un beau tir groupé de la Pédale de l'Est de Haguenau après l'arrivée des premiers coureurs du classement scratch dans des temps impressionnants comme le montre le classement ci-dessous. Comme tout bon leader de classement général, Séb K. laissa passer Alain et Jean-Paul sur la ligne et grâce à ce résultat est encore plus le leader incontesté du classement UCPEH. Il sera très difficile à déloger avant la fin de l'année. La plus grande satisfaction est que tout le monde a pris du plaisir et fini le grand parcours sans encombre malgré les conditions météos difficiles (7°C et orage pour les derniers en haut du Galibier).
    Une ambiance excellente, une belle cyclo, une très bonne organisation et voici 2 cols de plus à notre tableau de chasse … bravo à tous !

Régis SEGAUX

.: CLASSEMENT :.

Places Coureurs Temps
1 Maurizio DONDOGLIO 4H59
28 Alain CRIQUI 5H47
29 Jean-Paul REHM mt
30 Sébastien KNAUPP mt
31 Christophe ROSTAING-TROUX 5H49
34 Yannick ZEISSLOFF 5H52
59 Thierry COLIN 6H02
71 Marc HULSKEN 6H12
111 Freddy DIRGALA 6H31
112 Michel GRUBER mt
113 Régis SEGAUX mt
135 Mio PRVULOVIC 6H44
146 Guy SEIGNEZ 6H48
187 Sébastien FITO 7H16
188 Guy WERLE mt
189 François SCHILLINGER mt
202 Lucien BARTHOLOME 7H36