Le Tour du Burkina Faso 2005
l'Editorial
1er Bilan
Bivouac : galère, galère…
Anecdotes, souvenirs et sourires
Galerie Photos...


.: Tour du Faso 2005 : Anecdotes, souvenirs et sourires :.

    Maintenant que je suis confortablement installé chez moi, affalé sur mon canapé à regarder la TV, avec au-dehors le thermomètre qui peine à dépasser les 0°C tout ce que j’ai vécu il y a seulement quelques jours de cela me semble bien loin. Et pourtant que de souvenirs, que d’émotions vécus durant ces deux semaines passés au Burkina Faso le « pays des hommes intègres ».

Allez voici pêle-mêle ce qui spontanément me revient lorsque je coupe le son de la Star Ac et que me revient le grigri lancinant des grillons qui berçait nos nuits africaines.

  • Notre « comment ça va ? » du réveil, qui au Faso reprenait pleinement son sens originel d’une époque ou l’on s’enquérait de la bonne santé d’une personne en lui demandant « comment allez vous à la selle ? ».
  • Nous plus prosaïquement nous demandions « caca mou ou caca dur ? ». Cela vous fait certainement sourire, mais croyez moi là bas, la santé, la forme et la bonne humeur tout cela dépendait du bon fonctionnement de nos intestin.
  • La chaleur…Accablante
  • Si au départ des étapes vers 8H/8H30 la température restait agréable, très vite au fur et à mesure que le soleil montait à l’horizon le mercure grimpait vers les 40°C pour ne plus les quitter de l’étape.
  • La longueur et la monotonie des étapes
  • Samedi 5 novembre, 10e et avant dernière étape, 175 km au programme ! Dès le départ j’ai débranché mon compteur pour ne pas voir le nombre de kilomètres restant à parcourir. J’ai aussi « débranché » le cerveau car quoi de plus déprimant que de se dire qu’on va passer près de 5H à cuire et suer sur le vélo. Par contre histoire de passer le temps je me décide, quelle drôle d’idée, de compter le nombre de litres de boissons que je vais consommer tout au long de l’étape. Le départ a été donné depuis plus d’une heure, le peloton fatigué progresse péniblement sur la longue ligne droite qui mène vers Ouagadougou. Les nerfs des coureurs sont à vifs, car avec la fatigue les chutes deviennent encore plus nombreuses et rester concentré n’est pas facile…
    Et cette chaleur qui toute la journée nous suit. Elle fait perdre la raison à plus d’un. Tient par exemple celui là, le dossard 136, cela fait un bon moment qu’il est sorti tout seul du peloton alors qu’il reste encore 130km à parcourir. Du suicide ! Ah oui j’allais oublier. J’ai bien tenu les comptes, j’ai utilisé 15 litres de boissons durant cette étape soit pour m’arroser soit pour boire.
  • La piscine de l’hotel d’Ouahigouya dans laquelle je n’ai pas pu m’empêcher de piquer une tête. Un vrai régal après 4h de souffrance…
  • La nuit tombé ce sont les crapauds qui à leur tour ont profité comme chaque soir de l’eau fraîche !
  • Les bivouacs. Plaisants et dépaysants les jours de « caca dur », insupportables et fatiguant les jours de « caca mou » !
  • L’étape de Koudougou avec son final de 26kilomètres sur une piste en latérite cahoteuse et poussiéreuse à souhait.
  • Un moment dantesque, un brusque retour en arrière au temps héroique des forçats de la route sur les routes défoncées des premiers tour de France.
  • Un autre forçat de la route, ce coureur Sénégalais Mohamed Dieng qui après avoir cédé son vélo à son leader victime d’un problème mécanique a bouclé les 25 derniers de l’étape sur un vélo de ville emprunté à un spectateur !
  • Mésaventure un peu identique pour ce coureur du Niger, lors de cette difficile étape nous menant vers Kaya, sauf que là c’est d’une panne de jambes dont il a été victime. Abandonné par tous, même par la voiture balai, complètement épuisé et incapable de relier l’arrivée, il attendra plus de trois heures durant, seul au bord de la route avec son vélo comme seul compagnon, que son équipe le récupère lors du transfert retour vers Ouaga !
  • Nos malheurs avec Air Burkina la compagnie aérienne, par ailleurs sponsor officiel de la course, avec qui on espérait un vol sans soucis vers Ouagadougou.
  • Et bien à l’aller comme au retour le voyage nous réserva bien des (mauvaises) surprises.
    Si lors du vol retour nous eûmes droit au classique « en raison d’un incident indépendant de notre volonté le vol à destination de Paris … » qui nous permis de prolonger notre séjour sur le sol burkinabé de près de 3 heures (de minuit à 3H du matin dans le hall de l’aéroport quelle chance !), ce n’était rien par rapport à ce que nous avions vécu lors de notre vol aller, lorsque assis dans l’avion nous nous aperçûmes qu’on procédait au déchargement d’une partie des bagages ! Et oui, l’avion était trop chargé et il fallait lâcher du lest afin de pouvoir décoller ! Du coup la plupart des équipes européennes se retrouvèrent à Ouaga avec leurs seuls bagages à main et les vélos qui eux, avaient été jugés prioritaires. Mais allez faire du vélo sans chaussures, maillots et cuissards… Ce n’est que le lendemain vers minuit (soit 8 heures avant le départ de la première étape) que nous pûmes récupérer l’intégralité de nos bagages.
  • Cette anecdote est bien la preuve que le Tour du Faso est une vraie aventure qui chaque matin nous promettait pour la journée son lot de bonnes et mauvaises surprises. À tel point qu‘après quelques jours on se mettait déjà à penser et philosopher à l’Africaine en se disant « Pas de prooblèm… » tout en attendant des jours meilleurs.


Michel KAUFFMANN